« Si toute la connaissance scientifique devait être détruite, et qu'une seule phrase puisse être transmise, ce serait celle-ci : toutes les choses sont faites d'atomes. »
Richard Feynman, Cours de physique, 1963Il y a votre main, là, posée sur la page.
Une main. Cinq doigts, une paume, quelques plis, la peau que vous connaissez depuis toujours. Rien de plus banal. On croit tout savoir d'elle.
On ne sait presque rien.
Cette main contient plus de pièces détachées qu'il n'y a d'étoiles dans tout ce que les télescopes peuvent atteindre. Elle est faite de morceaux si petits que personne ne les a jamais vus, et ne les verra jamais, quel que soit le microscope. Elle est, à peu de chose près, faite de vide. Et chacun des grains qui la composent est plus vieux que le Soleil.
Tout ça, dans une main. Le voyage commence là, par vous, parce que c'est le seul endroit qu'on connaisse déjà.
Un chiffre, d'abord, pour donner le ton. Le corps humain est fait d'environ sept milliards de milliards de milliards d'atomes. Écrit en clair, ça fait un 7 suivi de vingt-sept zéros. Ce nombre ne veut rien dire. C'est normal. Aucun cerveau humain n'est équipé pour le sentir. Il faut donc le rendre sensible, et c'est tout le programme de ce livre : ne jamais lâcher un grand nombre sans lui donner un corps.
Un simple verre d'eau suffit pour commencer. Le nombre de molécules qu'il contient, ces petits assemblages de quelques atomes accrochés ensemble, dépasse le nombre d'étoiles dans tout l'univers observable. Un verre d'eau. On peut vider toutes les galaxies de tous leurs soleils, les compter une à une, on n'atteint pas ce qu'on boit d'un trait. Et le corps, lui, ne contient pas un verre d'eau : il en contient des dizaines.
La suite se lit dans le livre.
Continuer sur AmazonDeux passages, avec leurs dessins originaux, pour donner le ton du livre avant de l’ouvrir.

« Ératosthène n’avait pour outils que des bâtons, des yeux, des pieds et une tête, plus un goût pour l’expérience. »
Carl Sagan, CosmosL’histoire se passe en Égypte, il y a environ vingt-trois siècles… Ératosthène mesure l’angle de l’ombre à Alexandrie. Il trouve environ un cinquantième du tour complet… Il la multiplie par cinquante. Et il obtient la circonférence de la planète, sans avoir bougé d’Alexandrie, avec un bâton et une ombre.
Un homme, avec une ombre et un raisonnement, avait pesé la Terre entière. C’est le modèle de tout ce qui va suivre : on ne peut pas parcourir les distances du cosmos, mais on peut les déduire, par la géométrie et par la ruse.

« Nous sommes une façon pour le cosmos de se connaître lui-même. »
Carl Sagan, CosmosRegardons-nous avec les yeux du cosmos, froidement. Nous sommes des créatures minuscules, posées sur une poussière de roche en orbite autour d’une étoile ordinaire… Tout, dans les chiffres, dit notre insignifiance.
Tout, sauf une chose… Cette poussière de roche, ce battement de cils, cet amas d’atomes recyclés, s’est mis, un jour, à comprendre… Nous sommes la poussière qui comprend.
Le schéma qui résume le livre : l’être humain, à mi-chemin entre l’infiniment petit et l’infiniment grand. La frise complète des deux voyages figure en annexe A.
Infinis alterne les deux voyages avec des annexes qui font du livre un outil de référence, à consulter après la lecture.
+ 4 autres annexes (tailles de référence, quatre forces, modèle standard, références).