
la vie et la physique d'Einstein, racontées comme un roman
Voir sur Amazon« Je n'ai aucun talent particulier. Je suis seulement passionnément curieux. »
Lettre à Carl Seelig, 11 mars 1952Fermez les yeux et pensez à un savant. N'importe lequel. Le premier qui vient.
Vous venez de le voir. Cheveux blancs en bataille, grosse moustache, des yeux à la fois las et rieurs, et peut-être, si l'image est complète, une langue tirée vers l'objectif. Pas eu besoin d'un nom. Le visage est venu tout seul, parce que c'est devenu le visage. Depuis un siècle, quand l'humanité veut dessiner l'intelligence, elle dessine cet homme-là.
C'est plus étrange qu'il n'y paraît. Le monde compte des milliers de savants géniaux dont personne ne saurait reconnaître le portrait. Newton a refondé la physique, et son visage ne dit rien à personne. Darwin a bouleversé notre place dans le vivant ; il faut un effort pour le situer. Mais lui, ce Juif allemand mort en 1955, est devenu une image universelle, comprise de Tokyo à Lima, imprimée sur des tasses, des tee-shirts, des affiches de chambre d'étudiant. Son nom même est passé dans la langue courante. Traiter quelqu'un d'« Einstein », c'est saluer un esprit brillant, ou, ironiquement, en désigner un lourd. Aucun autre scientifique n'a eu droit à cet honneur bizarre.
Le plus troublant, c'est le décalage. Cette célébrité universelle repose sur une œuvre qu'à peu près personne ne comprend. Qui, autour de nous, saurait dire ce qu'est la relativité générale ? Les réponses seraient rares et vagues. E = mc², tout le monde a vu la formule ; presque personne ne saurait dire ce qu'elle signifie vraiment. Nous avons fait de cet homme le symbole du savoir, alors que ce savoir, précisément, nous échappe.
Ce livre part donc d'une insatisfaction. L'icône a fini par manger l'homme. À force d'afficher le vieux sage aux cheveux fous, on a oublié qu'il avait été un bébé dont la mère s'inquiétait de la tête, un élève insolent en guerre avec son lycée, un amoureux maladroit, un père qui a manqué à ses enfants, un employé de bureau qui refaisait la physique en cachette dans un tiroir. On a oublié qu'avant d'avoir raison contre le monde entier, il avait été un jeune homme sans emploi à qui le monde entier disait non.
Un mot, pour finir, sur la manière de lire ce qui suit. Einstein est un des hommes les plus cités au monde, et la plupart des phrases qu'on lui prête sont fausses ; il est aussi l'un des plus mythifiés, et la moitié des anecdotes qu'on raconte sur lui sont embellies. Ce livre a fait le choix de la vérité, y compris quand elle est moins belle que la légende. Quand une histoire est douteuse, on le dira. Quand les sources se contredisent, on le signalera.
Elle commence à Ulm, un vendredi de mars 1879, par un bébé dont la tête inquiétait sa mère.
La suite se lit dans le livre.
Continuer sur AmazonDeux passages, avec leurs dessins originaux, pour donner le ton du livre avant de l’ouvrir.

« L’imagination est plus importante que le savoir. Le savoir est limité ; l’imagination fait le tour du monde. »
Entretien avec G. S. Viereck, The Saturday Evening Post, 1929Albert marche, il pense à la lumière… que verrais-je si je courais à côté d’un rayon de lumière, exactement à sa vitesse ?
Un adolescent de seize ans, sur une route d’Argovie, vient de coincer la physique tout entière entre ses deux piliers… Toute sa vie, il procédera ainsi : une image simple, un manège mental, une situation impossible qu’on retourne dans tous les sens. Les physiciens appellent ça une expérience de pensée. Lui appelait ça penser.
Un des encarts du livre, qui traduit chaque idée complexe en une image simple.

« Joyeuse nouvelle aujourd’hui. Les expéditions anglaises ont réellement mesuré la déviation de la lumière au bord du Soleil. »
Carte postale à sa mère Pauline, 27 septembre 1919Île de Príncipe, golfe de Guinée, 29 mai 1919, un peu après quatorze heures. Sous un ciel encombré de nuages, un astronome anglais de trente-six ans guette une éclipse totale de Soleil en priant pour une trouée…
Le 6 novembre 1919, à Londres, la Royal Society et la Royal Astronomical Society tiennent séance commune pour entendre les résultats… Et Einstein ? Réponse, en substance : j’aurais plaint le bon Dieu, la théorie est juste.
La preuve par l’image : comment une éclipse a permis de mesurer la courbure de la lumière en 1919.
La frise qui ouvre le livre, juste après le prologue : toute une vie, d’un coup d’œil.
Albert alterne le fil de la vie d'Einstein avec des annexes qui font du livre un outil de référence, à consulter après la lecture.
+ 3 autres annexes (constantes fondamentales, thermodynamique, un siècle de verdicts) et un épilogue.